Désolée. Je ne peux pas m'empêcher d'être triste. Je sais que c'est idiot, et je déteste être dans cet état, mais c'est comme ça.
Je sais aussi que tu m'avais prévenue : tu n'es pas comme les autres et tu ne veux pas l'être. Le problème, c'est que c'est justement pour ça que je t'aime. Je n'ai rien décidé, mais voilà c'est fait. Et maintenant, je n'arrive plus à revenir en arrière...pourtant, crois-moi, des fois j'en viens même à souhaiter que tu n'aies jamais existé.
Mais franchement, à quoi tu t'attendais ? J'ai toujours eu un faible pour toi et puis...tu t'approches de moi, tu m'ignores, on devient amis, ennemis, on se dispute, on s'apprécie, on s'envoie chier, on se respecte, on s'intrigue et on s'indiffère mutuellement. Qu'est-ce que mon inconscient aurait-t-il pu trouver de mieux à faire que de créer en moi ce sentiment, dont je n'arrive plus à me séparer ? Je l'ai senti naître, j'ai essayé de le nier, de le refouler, comme si à l'intérieur de moi je savais d'avance que t'aimer me ferait souffrir. Mais (comme dirait Darcy...mets-toi aux romans de Jane Austen lol ! Ou plutôt nan, ça te plaira pas !), j'ai lutté en vain et cela a été inutile, je t'aime de l'amour le plus sincère qui soit.
Sincère...je me suis longtemps demandé si tu l'étais. En fait je me suis toujours demandé qui tu étais. Aujourd'hui je ne cherche plus à savoir, parce que j'en suis arrivée à une triste et à la fois fascinante conclusion : je ne saurai jamais qui tu es.
Triste parce que j'aimerais tout savoir de toi, j'aimerais que tu aies confiance en moi. J'aimerais être la personne à qui tu oserais te livrer, pas une personne insignifiante de plus dans ta vie...une d'entre celles qui ne te laisseront aucun souvenir. J'aimerais être quelqu'un de spécial pour toi, pas forcément celle que tu aimes, juste quelqu'un pour qui tu ressens quelque chose que tu ne ressens pour personne d'autre.
Fascinante ensuite, parce que je crois qu'après tout, c'est ça l'amour : désirer l'autre sans jamais le posséder. On ne connaît vraiment jamais personne, on ne saisit jamais personne jusqu'au plus profond de lui-même, on ne peut jamais connaître ses pensées, ses sentiments, ses doutes les plus intimes. C'est le mystère de l'autre qui fait que l'on change quand on est amoureux. On devient idiot, car on est fasciné par l'autre. On devient irritable et jaloux parce qu'on a peur de le perdre, possessif car on ne peut pas capturer son amour pour toujours...dépressif parce qu'on ne peut pas susciter chez lui l'émotion que l'on voudrait, alors qu'on le veut tellement.
Je suis consciente que si je ne comprends pas grand-chose à ce qui m'arrive, c'est aussi parce que je ne te parle pas et parce que tu ne me parles pas. Je devine, je suppose, je spécule, je divague, j'espère. C'est tout. Je suis fatiguée. J'ai l'impression que tu fais semblant de ne rien voir, de ne te douter de rien, peut être pour ne pas m'humilier ? Si c'est le cas je te remercie d'aussi bien me comprendre (encore une fois je te renvoie à Orgueil et Préjugés lol !).
Ce n'est pas un reproche que je te fais là. Je n'ai pas le droit de t'en faire. Je sais que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Après tout tu n'es pas coupable de tout ça. C'est moi qui me suis entichée de cette façon, c'est moi qui n'agis pas de manière rationnelle, c'est moi qui m'acharne à espérer, alors que tout (et le peu de choses) ce qui c'est réellement passé (pas ce que j'interprète) me dit, me crie d'arrêter d'espérer.
De l'extérieur, toute cette histoire, peut avoir l'air simple, superficielle. Peut-être qu'elle l'est après tout. Mais moi je suis perdue. Je n'ai plus aucun avis sur rien ni envie de rien.
Le pire, c'est que je ne sais pas quelle attitude adopter. Je suis tellement en colère que je ne sais même plus contre qui. Contre toi ? C'est impossible. Contre moi ? Si je m'accable encore plus je crois que c'est mort ! Contre les autres ? Si tu m'aimais, les autres ne compteraient pas pour toi.
J'ai vraiment envie de ne plus jamais te parler, plus jamais te voir. En fait, quand je suis loin de toi, je suis plus calme. Tu deviens moins réel, tu as moins d'emprise sur moi. Un peu comme lorsqu'on se réveille après un rêve. Lorsqu'on est en train de rêver, on vit notre rêve comme si c'était réel, on ressent des choses, perçoit des choses, on croit même les vivre. Et quand on se réveille, petit à petit, on prend conscience du monde extérieur. On comprend que notre rêve n'a eu lieu qu'à l'intérieur de notre tête, que ce n'était qu'une création de notre inconscient. Et on se remet à vivre. On voit tout ce qu'on a oublié pendant qu'on rêvait.
J'aime tellement penser à toi...mais plus les jours passent et plus je me rends compte que c'est sûrement du temps perdu (c'est difficile d'écrire ces mots !). Dans quelques mois, on ne se reverra probablement plus jamais...et à quoi auront servi toutes les secondes, minutes, heures, jours, mois entiers que j'aurais passés à penser à toi ? Des secondes, minutes, heures, jours, mois en moins à penser à ceux qui m'aiment vraiment, à les rendre heureux, à penser à moi, à me rendre heureuse. J'ai tout pour être heureuse, j'étais heureuse. Et depuis que je t'aime je ne le suis plus. Et le comble du paradoxe, c'est qu'à l'instant précis où j'écris ces mots, la seule chose qui me donne envie de sourire, c'est ton souvenir, ton existence, ton visage, ta personnalité, c'est toi.