« Je n'en peux plus. Chaque jour je suis moins à moi-même, je ne m'appartiens plus. Mon esprit fuit et s'envole vers tous ces doux rêves et souvenirs. La réalité? Voilà quelque chose de bien trop dur et douloureux pour moi. Je la fuis et je me nourris d'espoirs insensés pleins d'innocence et de naïveté. Je ne puis voir, entendre, sentir, toucher quelque chose sans m'en rapporter à lui. Chaque mot que je prononce est le reflet de toute cette haine que je porte en moi, si profonde, dans mes entrailles, mon âme, ma chair, qui saignent, comme une mère qui porte son enfant. Je la sens. Je le hais. Pourquoi suis-je amoureuse de quelqu'un qui me fait tant souffrir? Je ne pense qu'à lui, tout le temps. Suis-je sa prisonnière à jamais? Qu'a-t-il fait, mon Dieu? Que m'a-t-il fait pour me capturer ainsi? Il m'a dans ses mains. Ma vie dépend de chaque mouvement qu'il fera, chaque parole qu'il prononcera. S'il tombe, je tomberai avec lui. Je suis comme dans une toile d'araignée, à demi étouffée, attendant patiemment mon heure. La vie est si cruelle. Il est cruel. Mais...je pleure! Je pleure! Je l'aime. J'aimerais tellement savoir s'il pense à moi comme je pense à lui. Si j'occupe comme ça son esprit, alors je devrais être la personne la plus heureuse au monde. C'est tout ce que je demande : être sa raison de vivre. Qu'il n'ait d'yeux que pour moi. Que plus personne d'autre ne compte pour lui. Je le veux pour moi, à moi, il est à moi. Personne ne l'aimera jamais comme je l'aime. Il m'appartient. »